Historique du cimetière

Historique

Le 3 juin1855, sur un lopin de terre acquis l’année précédente par la Fabrique de la paroisse Saint-Roch de Québec, on procéda à la bénédiction du Cimetière Saint-Charles. La partie la plus ancienne du cimetière, jadis appelée cimetière-bocage, est celle située entre la pointe à l’intersection de l’avenue du Pont Scott et de la rue Saint-Vallier et l’avenue Sainte-Thérèse.

À cette époque, le cimetière n’occupait pas une place centrale au sein de la communauté de Québec, mais se trouvait volontairement à l’extérieur de la ville pour des questions de santé publique. En effet, à la suite des épidémies de choléra qui ont fait 8800 victimes à Québec seulement entre 1832 et 1854, un règlement municipal prescrit la fermeture progressive de tous les cimetières situés à l’intérieur des limites de la ville.

C’est ainsi qu’à partir de 1855, les résidents de Saint-Roch et de Saint-Sauveur doivent inhumer les corps des défunts uniquement au Cimetière Saint-Charles, qui se trouve à plusieurs minutes de la ville en voiture à cheval. En 1858, le Cimetière Saint-Roch, situé dans le quadrilatère formé par les rues Saint-Joseph, Caron, Charest et Dorchester, est fermé et tous les corps sont déplacés au Cimetière Saint-Charles pour y être ré inhumés.

SIX PAROISSES, UN CIMETIÈRE

Devant l’expansion urbaine et la croissance de la population au début du XXe siècle, le gouvernement du Québec fait adopter le 21 décembre 1912, une loi privée qui constitue en corporation sans but lucratif la Compagnie du Cimetière Saint-Charles. Celui-ci devient alors le premier cimetière inter-paroissial du Québec.

En 1967, soit un siècle après l’ouverture du cimetière Saint-Sauveur, le Cimetière Saint-Charles connaît une nouvelle expansion pour répondre au besoin criant d’espace pour les inhumations. C’est sur ces nouveaux terrains, situés le long du boulevard Wilfrid-Hamel, que se trouve aujourd’hui le siège social du cimetière. On y construit également en 1983, la première phase du mausolée-columbarium qui est pourvu de ses propres fours crématoires pour l’incinération des corps.

On estime à environ 200 000 le nombre de personnes inhumées au cimetière.

UN CIMETIÈRE MULTICULTREL

Comme plusieurs cimetières catholiques du Québec, le Cimetière Saint-Charles sert de lieu de sépulture à une majorité de Canadiens français et à de nombreux Irlandais, dont ceux qui ont quitté leur pays pendant la grande famine. Toutefois, plusieurs seront étonnés d’y découvrir également les pierres tombales d’immigrants chinois.

Le Cimetière Saint-Charles compte en fait deux sections où sont regroupés les asiatiques. L’une d’elle porte le nom de Mission chinoise en référence à l’œuvre des Chinois à Saint-Roch et à la Maison du Saint-Esprit mises sur pied par deux laïcs qui avaient à cœur d’évangéliser les immigrants chinois. Plusieurs d’entre eux ont été baptisés avant de mourir et ont donc pu être inhumés dans un cimetière catholique.

Deux Inuits des Territoires du Nord-Ouest sont également inhumés au Cimetière Saint-Charles. Ils étaient venus à Québec pour se faire soigner mais sont décédés des suites de leur maladie.